Figures du désir
Parcours d'un lecteur impénitent

Lire est un des plaisirs les plus intenses de l'existence. Un acte très intime, qui épouse les rêves les plus secrets, les battements même de la vie. Lire est aussi une création, un moment privilégié où chacun projette et façonne son imaginaire. C'est comme une invention, le miroir de nos cheminements intérieurs.

Dans ce livre, l'auteur cerne la thématique du désir au gré de ses vagabondages littéraires. On y découvre en quelque sorte le parcours d'un lecteur impénitent. Une manière de traquer la peau des rêves de Rousseau à André Breton en passant par Borges, Musil ou Joyce. D'où l'impression, au fil de ces pages, d'un kaléidoscope sur la façon qu'ont les écrivains d'envisager l'amour et l'érotisme. Nul académisme ici, mais la recherche patiente de l'autre soi-même, secrètement désiré, tel qu'on le fabule dans les livres pour mieux le vivre au quotidien. Comme si lire c'était sans fin guetter une jubilation.

(Présentation du livre, Éditions de l'Aire)

Presseschau

Favarger, ou l'érotisme de bon aloi
C'est le lecteur, plus que le critique littéraire, qui décrit ici cette expérience intime qu'est le livre. Dans ses lectures impénitentes, confie Alain Favarger, il y a recherche de soi. D'un sens. D'une obsession, en l'occurrence. Comprendre comment l'érotisme, ou le désir si l'on préfère, gouverne nos existences. Alors, dans la géographie littéraire que l'auteur met en place – de Rousseau à Borges, avec de longs détours par Balzac ou des incursions chez Joyce, White, Duras, Thomas Mann, etc. – apparaît une fascination pour l'entre-deux, le malaise, l'amour contrarié, le désir malaisé, mais aussi l'émotion trouble, l'extase, le sublime. Et plus encore pour l'explosion de cet érotisme «noir», zone à mi-chemin entre culpabilité et désespoir, qui nourrit tant la littérature. Disons qu'Alain Favarger n'aborde guère les rivages du sexe débondé sans retenue. C'est un érotisme de bon aloi, une finesse psychologique dans l'analyse des passions plus ou moins contrariées, qui passionne sa recherche. L'allégorie, l'allusion, le doute instillé par les mots, tels sont les outils auxquels le lecteur est sensible, dans cette quête de savoir. Sans céder à la tentation d'une analyse pédante ou à un freudisme primaire. Estimant, avec Martin Amis, que la lecture, mieux que le sexe, est l'expérience la plus intime possible. (Jacques Sterchi, La Liberté, 05.04.2003)