Malenfance
Roman

Kurzkritik

«Il y a enfin, quand l’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse» (Rimbaud, «Enfance»). Un jeune garçon muni d’un sac à dos erre dans la campagne. Il a perdu ses pièces d’argent en trouvant un chaton blessé qu’il emporte avec lui. Courageux et tenace, il cherche le chemin de sa maison. Le garçonnet a 11 ans, il s’appelle Pouce. Ces éléments qui rappellent un conte de fées contrastent avec le récit réaliste situé avec précision: nous sommes à la frontière linguistique entre Suisse romande et Suisse alémanique, un après-midi et une nuit d’avril de l’an 1978. Au lieu de rencontrer des personnages qui le secourent, le garçon fait des expériences terrifiantes. Où qu’il aille, les hommes l’agressent, le blessent, le volent, le harcèlent et le poursuivent jusqu’à ce qu’il devienne lui-même voleur et violent pour se défendre et pour sauver le chaton. Aux scènes vécues en route se mêlent les souvenirs de lectures et d’une vie de famille tourmentée où l’enfant fait tout pour plaire à sa maman – alors que celle-ci s’éloigne de plus en plus de son fils et de son mari, toujours plus meurtrie par l’abandon de sa carrière de chanteuse. Roman d’éducation, d’aventure et de la route, «Malenfance» plonge le lecteur dans un voyage passionnant, mais aussi éreintant par son inéluctable noirceur.

(Ruth Gantert, Viceversa a lu... 28.07.2014)