La Rumeur du fleuve

Oscar Peer, écrivain romanche, a publié l'an dernier un court roman proche du conte, Coupe sombre (Prix 2000 des Auditeurs de la Radio). À l'automne de sa vie, Oscar Peer retourne vers la maison abandonnée où se sont déroulées ses premières années. Autour de lui, d'âpres montagnes, d'épaisses forêts, des patûres, et à ses pieds l'Inn dont le grondement sourd sera la basse obstinée de ses remémorations. Avec probité, émotion et humour, il conte ses souvenirs d'enfance et d'adolescence (de 1928 à 1948). Oscar Peer a fui la chronologie linéaire des autobiographies. Son récit se centre autour de lieux, de thèmes et de personnages.

(Présentation éditions Zoé)

Presseschau

La nostalgie du présent historique
Venu d'un pays où les gens racontaient, de génération en génération, Oscar Peer ressuscite L'Engadine de ses jeunes années. Un peu nostalgique et très vivant

[...] Tendre et perplexe

Une sourde obsession traverse ce récit autobiographique, élémentaire et universelle, celle du temps qui engloutit les êtres, les grands-parents, les parents, les personnages qui paraissaient les plus indestructibles et les plus vivants et même les lieux en dépit de leur air d'éternité. Quand la vie évanouie dans les sortilèges de la mémoire devient présent historique, Oscar Peer revit en ferme narrateur.

[...] La rumeur du fleuve n'emporte pourtant pas à mon sens le lecteur avec la même force que le bref roman Coupe sombre, âpre histoire d'un bûcheron engagé dans une tâche surhumaine pour reconquérir, au prix de sa vie, l'estime de la communauté villageoise et peut-être de Dieu. Le récit prenait alors une dimension métaphorique, s'envolait vers un indicible horizon, tandis qu'ici, malgré le fleuve infatigable, le riche talent d'Oscar Peer demeure un peu figé dans l'ombre et la lumière des figures tutélaires de son enfance.

(Jean-Bernard Vuillème, 24heures, 27.11.2001)