Gérimont Roman
A Vevey avant la Montée des eaux, le jeune Louis Moray, complexé et mal dans sa peau, se laisse entraîner dans le petit monde de la politique locale de la ville de Vevey. Il intègre l’UDC, principal parti politique en Suisse, pour le moins conservateur et patriotique. Sa représentante la plus en vue en ville, Françoise Dispute, ne manque pas de séduire dangereusement Louis, sur le point de commettre un assassinat.
Dans la seconde partie du récit, ce sont des évangéliques illuminés qui tentent de rallier le héros. Ce dernier n’est pas conscient de posséder du charisme, encore moins un destin, jusqu’à ce qu’un mystérieux homme en noir l’intercepte et prédise un avenir glorieux pour lui et une catastrophe pour le reste du monde.
Louis a une mission: s’emparer d’une peinture dans le musée des Beaux-arts de la ville avant qu’une gigantesque vague la noie.
En 2078, après une catastrophe, Gérimont, bourgade dystopique entre Derborence et le fjord des Mosses, abrite une communauté ébranlée par le premier meurtre de son histoire, celui du typographe Sybukur Kohli. Dans ce royaume, qui élit son souverain tous les cinq ans, l’enquête menée par le commissaire Rodal débouche sur une confrontation collective digne d’Agatha Christie. Stéphane Bovon, nourri de BD, forme qu’il applique dans plusieurs vignettes ponctuant la narration, entreprend avec Gérimont un cycle romanesque qui comprendra quinze volumes. Ambition assez balzacienne si les personnages aux prénoms balkaniques ne s’appelaient pas Regamey, Ruchet, Ansermet ou Estoppey, clin d’œil à l’imaginaire ramuzien qui aurait croisé celui de Tolkien.
(Christian Ciocca, «Viceversa littérature» n. 8, 2014)