Les Os d'Eros
Kurzkritik
Le travail de Jacques Roman, étendu sur quatre décennies, offre une impressionnante variété de tons et de mesures: du cri primitif au brassage autobiographique, du poème brut au dialogue charnel et sophistiqué avec les figures tutélaires de son enfer (Artaud, Bataille, Noël, Bellmer). Les Os d’Éros semble vouloir contenir en un seul mouve- ment diffracté plusieurs de ces formes, alternant récits érotiques drus, pages de journal, une longue série de haïkus d'une énergie verbale cinglante et des sections plus théoriques («L’Enragée douceur», «Cri»). Sous la secousse de ces alternances, le lecteur sent pointer la provocante allégresse d’un auteur de la blessure et de l’insoumission. (Pierre Lepori)