Trois visites à Charenton
Kurzkritik
Le narrateur de Trois visites à Charenton, enfermé dans une prison-asile, serait l’un des dix aliénés dont le peintre Théodore Géricault a réalisé le portrait en 1822. Lors des séances de pose, le «fou» bavard laisse libre cours à son obsession de la guillotine, dont il se dit être le fils: conçu durant l’exécution de Louis XVI, il aurait vu le jour pendant celle de Marie-Antoinette, une tâche de naissance violacée à la gorge. Le «guillotomane» prend un malin plaisir à «tordre le cou d’une langue par nature mal pendue». Pour son cinquième opus, Benoît Damon nous offre un roman d’une rare maîtrise, tout en intelligence, où les mots – truculents et farceurs – sont rois. (mr)