J'aime ce qui vacille
Dans les romans de Rose-Marie Pagnard, l’art occupe une place centrale, le rêve traverse le réel et la réalité prend souvent des accents merveilleux. Si J’aime ce qui vacille s’inscrit dans cette ligne, il porte le poids d’une expérience personnelle extrême, celle de la perte d’un enfant, que l’écrivaine aborde pour la première fois. Ici, Sigui et Illmar invitent leurs voisins hauts en couleur à un bal costumé, au sommet de la tour où ils viennent d’emménager, afin de conjurer la douleur: ils ont perdu leur fille toxicomane. L’art, l’amitié et l’imagination sont au cœur de ce roman généreux, l’auteure transformant ce deuil impossible en une matière littéraire riche et poétique, qui éclaire aussi le reste de son œuvre. J’aime ce qui vacille a valu à Rose-Marie Pagnard le Prix suisse de littérature 2014.
(Anne Pitteloud, «Viceversa littérature» n. 8, 2014)