Poésie prétexte Trois soirées autour d'Anne Perrier
La poésie d’Anne Perrier, malgré son apparente transparence, a pour vertu de susciter des approches diverses qui prouvent combien cette œuvre si discrète, si étrangère aux questions de mode, puise son chant léger aux profondeurs. Si Alain Lévêque la suit intimement, et la restitue dans le contexte de la poésie française contemporaine, Frédéric Wandelère reconnaît dans la soi-disant simplicité de son propos un raffinement et une délicatesse de pensée qui peuvent être comparés à ceux des Loisirs de la poste de Mallarmé, par exemple. Jean-Pierre Jossua, quant à lui, médite à travers cette œuvre la relation entre parole et parole religieuse.
(Quatrième de couverture)
«Frédéric Wandelère s’inspire d’un mot de Frisch et commente longuement la notion de "simplicité", "simple" venant de sine plica, sans pli, comme il nous le répète, citant en particulier Les Loisirs de la Poste, adresses postales en quatrains de Mallarmé comme exemple d’une simplicité directement reliée à la réalité. Plus dépouillé encore, soumis à d’extrêmes contraintes (dont le non-recours à la métaphore), le haïku. [...] Ce qui est frappant, par rapport aux paramètres posés par Wandelère, Lévêque et Jossua, c’est qu’à part Pierre-Louis Matthey et encore, nous n’ayons aucun poète de la profusion comme l’ont été St John Perse ou Aragon par exemple. Mais on sait bien que le Suisse romand craint les excès, dans l’écriture peut-être plus qu’ailleurs encore. Si St John Perse et Aragon sont unanimement admirés, les imiter semblerait de mauvais goût. Et lire de tels poètes fait perdre pied, littéralement. Voilà ce qu’on n’aime pas trop, chez nous» (Monique Laederach, La Liberté,25.11.2000).