L'Ami de Lesseps [Der ägyptische Heinrich]
Qui est cet Henri Bluntschli, qui abandonna femme et enfant au bord du lac de Zurich pour s'établir en Egypte? Un commerçant honorable? un chevalier d'industrie? un génial ambitieux? un raté? A partir d'une légende familiale, de quelques objets, de documents d'archives, complétant les lacunes par l'intuition et l'imagination, allant et venant entre le XIXe et le XXe siècle, le narrateur, un arrière-arrière petit-fils d'Henri, quête et façonne un personnage d'une prenante ambivalence, à la fois portrait et fiction.
(L'Ami de Lesseps, Editions Zoé)
[...] Pas un instant dans le roman ne s'atténue le plaisir de dire, de prêter vie à un personnage sans en dévoiler tout le mystère, de faire miroiter à travers le temps, dans des lieux familiers ou exotiques, la fascinante surabondance du monde. Dans son écriture toujours alerte, soutenue ici par une traduction sûre et portée par le même élan, pas le moindre fléchissement, et un enjouement délectable de quoi ravir jusqu'aux plus exigeants. (Wilfred Schiltknecht, Le Temps, 15.09.01)
Il y a quelque chose de pathétique et de vertigineux dans l'obstination de Markus Werner à traquer cet arrière-arrière-grand-père dorloté dans la légende familiale, avec ce halo de mystère entourant les gens depuis longtemps disparus. N'est-ce pas ce mystère qui rend plus présent ce vieux mort? Le vrai, le faux, quelle importance?
[...] C'est une belle exploration de ce que représente une vie d'homme dans une durée de cent cinquante ans, frisant parfois l'osmose dans un temps comme aboli entre celui qui cherche encore et celui qui a cherché, s'est à la fois perdu et trouvé, l'ancêtre et le descendant soudés dans le temps du roman... (Jean Bernard Vuillème, 24 heures, 30.10.2001)