Avant
Roman

David, la quarantaine passée, a choisi, après la mort accidentelle de sa femme et de son fils, de prendre la direction d'une résidence vouée à l'accompagnement des personnes en fin de vie. Avec une grande sensibilité teintée d'une douce nonchalance, il accueille les événements, les êtres et même les objets comme des éléments de la vie qui va. Sa vocation pour la peinture, à laquelle il n'a jamais donné suite, le pousse à établir une relation particulière avec Zen, artiste atteint d'une cancer inguérissable. Zen consacre ses dernières énergies à une sculpture quasi magique qui provoquera un drame.
Juriste, perfectionniste, désireuse de s'engager à fond, mais trop critique pour pouvoir le faire sans scrupules, Mathilde, la nouvelle compagne de David, se bat contre ses troubles physiques, son anxiété chronique, les injustices... En quête d'un apaisement qui ne soit pas la paix des morts, elle est à la fois attirée et irritée par le calme contemplatif de David, comme par l'absence d'émotions du frère de Zen, Jean-Marie, malade psychique. Habitée d'une envie infinie de comprendre et maîtriser sa vie et la marche du monde, Mathilde veut agir.
«Tu vas trop vite», dit David à Mathilde - «Mais la vie passe», répond-elle. Avec leur relation comme avec leurs relations aux gens, aux événements, aux pensées, aux sentiments, le roman de Silvia Ricci Lempen nous fait entrer dans des existences pleines de saveurs, certaines amères, et nous interroge sur les poids et la vacuité de la vie qui se manifestent autant dans l'art et la présence de la mort que dans le quotidien banal. En filigrane, le temps, personnage invisible dont l'alchimie ambivalente révèle avancées et reculs, partages et incompréhensions, souffrances et espoirs qui jalonnent les vies de David, Mathilde, des autres... et les nôtres. L'écriture dense, maîtrisée et précise de Silvia Ricci Lempen oblige à prendre le temps de goûter ces paysages intérieures et extérieurs très justement ancrés dans notre époque riche et trouble.

(Quatrième de couverture)

Presseschau

«Après la mort accidentelle de sa femme et de son fils, David s'occupe d'un établissement pour malades incurables. C'est un homme naturellement doux et généreux, attentif aux plus subtils sentiments de ses pensionnaires. Sans trop s'appuyer sur l'introspection, en privilégiant les petites scènes, les courts dialogues, l'auteur nous laisse imaginer la personnalité de David, et imaginer veut ici dire aimer. N'est-ce pas souvent ainsi que nous préférons, dans l'univers de la fiction, ce qui jaillit du murmure, des délicates gravitations autour des choses?» (Rose-Marie PagnardLe Temps, 06.01.01).

«[...] il terzo romanzo di Ricci Lempen è estremamente ambizioso e non si può dire che non resti impigliato, più spesso di quanto vorrebbe, in un eccesso di verbosità e di insignificanza del dettaglio. Ma la voce tesa e robusta della narratrice riesce comunque a portarci nel cuore di un’inquietudine umana che risuona a lungo e sollecita il rispetto e l’ammirazione per questa scrittura» (Pierre LeporiRSI Rete Due).