Naissance de la lumière
«Le chemin de la lumière paraît obscur.» Ces mots du Tao-te-king disent bien le parcours de ce livre. Des demeures de l'ombre à l'arbre de lumière, le cheminement n'est pas sans accidents ni tourments. Mais il peut conduire vers l'amour et vers les matins de l'enfance. Non pas que la grâce soit acquise, mais parce qu'il arrive qu'elle soit accordée – comme une secrète musique.
François Debluë fait chanter la lumière
En sept mouvements, qui revivifient une tradition poétique immémoriale, l'écrivain décline les variations du paysage et des saisons, reflets des intermittences du sentiment
En couverture, une vignette de Claire Nydegger donne, discrètement, le ton: deux fines silhouettes dialoguent entre ciel et terre, entre ombre et clarté. François Debluë, dans son dernier recueil, met son art de poète paysagiste au service de la lumière et de l'amour, Sans pour autant renier les tonalités contrastées qui caractérisent sa poésie, nocturne et grinçante autant que, souvent, enjouée ou harmonieuse, le librettiste de la dernière Fête des vignerons tire les registres d'un lyrisme allégé et apaisé:
Refermé le livre des violences
– vacarmes et hantises –
le grand livre des visions
ce jour-là ce fut enfin - la caresse
des matins de l'enfance.
(Marion Graf, Le Temps, 22.12.2001)