Le Sel

Fuyant une malédiction ancestrale qui menace son sixième enfant, une mère africaine, entièrement vêtue de jaune, et son nouveau-né, rencontrent l'autre: un Blanc surnommé l'Homme-chameau, lui-même parti sur les routes du monde pour redonner un sens à sa vie.

Ils chercheront ensemble à percer le mystère et les origines de cette malédiction pour conjurer le funeste projet du père qui veut sacrifier son fils aux croyances de son peuple. Suivant les pas d'une caravane de sel, qui les protégera durant leur périple, ces êtres en fuite embarquent pour un voyage à travers le désert et l'océan. Alors, lentement, la reconquête du destin devient possible tandis que le présent s'illumine.

C'est ce voyage entre un village africain et un petit pays d'Occident, traversée initiatique et allégorique, qui nous est relaté à la manière d'une fable, comme l'histoire d'une rencontre entre deux mondes et deux imaginaires.

Presseschau

Cultivant un formidable talent de conteur, Nicolas Couchepin refait le monde sur la route du sel, dans une histoire brûlée de soleil, balayée par les vents de sable, bouleversée par l'arrivée d'un sixième enfant porteur de malédiction et la rencontre d'un Homme-chameau à la peau rose.
[...] Fable bien ficelée à l'écriture très soignée, ce récit articulé en sept jours, comme la Création du monde, "pas pour imiter Dieu, mais pour le relier à l'histoire universelle" peut se lire comme un divertissement mêlant rêverie, exotisme et aventure à la mode pour un Occidental gagné par l'ennui du confort quotidien. Mais il peut aussi être interprété à un autre niveau, et là est sa force. (Sonia Graf, L'Express, 02.12.2000)

Après Grefferic, Nicolas Couchepin persiste dans le registre de la fable entremêlée de récit réaliste, mais il quitte le Valais pour suivre une caravane qui traverse le Sahel.
[...] L'auteur donne à ses personnages six journées pour créer un monde, réservant une indécise septième à la résolution éventuelle des conflits...
[...] À la lecture des premières journées, on a très peur que Nicolas Couchepin ait choisi d'opposer un Sud idéalisé, dernier rempart de l'authenticité et des vraies valeurs, et un Nord desséché, figé par l'éthique protestante, avare et mortifère. On comprend vite que le propos est plus complexe. Telle l'araignée qui tisse sa toile symbolique des deux côtés de l'Océan, l'auteur construit habilement son récit, de façon à en nouer tous les fils lorsqu'il prend la parole au cours de la septième journée, celle du repos du créateur [...] (Isabelle Rüf, Le Temps, 04.11.2000)