Rengaine

Dans la chute, il y a un moment où la vitesse devient constante. Arrivé à ce point de stabilité, la chute pourra durer des jours, des mois et des années, sans varier d’un pouce. Il me semble que je tombe depuis des heures mais il m’est difficile d’être plus précis, d’une part, parce que je ne porte pas de montre, pour des raisons qu’il serait oiseux de développer ici, et d’autre part, quand bien même j’en posséderais une, elle ne me servirait à rien puisque le trou est noir comme du cirage ou comme les ténèbres…

(Julien Maret, Rengaine)

Presseschau

Dans ce livre stupéfiant qui raconte l'histoire d'une chute, littérale et symbolique - un homme tombe dans un trou et voit toute sa vie défiler -, point de parade narcissique ni d'équivoque faussement ingénieuse entre le vrai et le faux. Car le travail, ici, concerne le langage et l'appropriation poétique de la vie. [...] Et si Rengaine est un chant absolument noir, son intensité mérite qu'on s'y arrête : pour venir y contempler la mélancolie d'une ruine. (Amaury da Cunha, Le Monde, 08.09.2011

Rengaine: est-ce le spectre de la répétition qui hante le narrateur, ou une injonction, rengaine ton histoire, tes angoisses, ton discours, et vis? Julien Maret ne donne pas de clefs. Il a su trouver une langue et la faire dérailler. Isabelle Rüf, Le Temps, 12.09.2013)

Alain Veinstein reçoit Julien Maret pour son roman Rengaine (France Culture, 07.09.2011):  http://www.franceculture.fr/emission-du-jour-au-lendemain-julien-maret-2011-09-07.html