Peut mieux faire... Roman
D’origine berbère, Leyla Tatzber est née en Auvergne en 1966 et vit actuellement à Genève. Elle a déjà publié Tâche de beur (L’Hèbe, 2008), récit de la confrontation entre une jeune musulmane « occidentalisée » et la tradition. En 2010, elle a poursuivi avec deux ouvrages, un recueil de nouvelles (Rondes, L’Hèbe) autour de la pensée créatrice et un roman ayant pour sujet l’école. Le titre de ce dernier, Peut mieux faire, reprend une injonction, une remarque censée résumer les limites d’un élève et du coup celles de ses espoirs. Père divorcé d’une ado qui l’appelle « papounet » et rappe même en dormant, Hédi est instituteur. Il interroge sa vocation et les bien-fondés d’une institution pédagogique sous haute tension et soumise à des réformes en va-et-vient. Le récit allie et alterne critique sociale, tendresse pour ces « oisillons » d’élèves, désillusion face à leur « culture déshydratée » qu’est Wikipedia et douce ironie face à leur langage : « ils ont créé un mot pour les parents : t’inquiète ! » Écrit sans fioritures, dans une langue de tous les jours pleine de dialogues, Peut mieux faire appelle au demeurant à résister à certaines lois discriminatoires, quand pas inhumaines.
(Elisabeth Vust, Viceversa Littérature 5, 2011)