Cygnis

Est-ce le ciel ou la forêt? Un fourmil­lement frémit à la limite de son champ de conscience, sensation familière associée au danger. Il se redresse à demi et s’empare de son fusil. Ses oreilles bourdonnent. L’œil à la lunette, il fait défiler différents modes de vision. Au-delà de l’espace délimité par l’ouverture de l’abri s’étend la forêt. Et au milieu, bien droit sous la pluie, un robot solitaire. Il n’a pas d’arme et se contente de regarder Syn dans les yeux.

C’est l’histoire de Syn, un trappeur accompagné de son loup au pelage greffé de bandes synthétiques, dans un monde de ruines technologiques. La menace est partout, une guerre se déclare mais Syn ne veut plus tuer ses semblables…

Seule la science-fiction peut nous donner ce vertige d’être des archéologues du futur. Dans une langue raffinée, Vincent Gessler réussit son pari de nous envoûter par son récit âpre et exaltant de l’éternelle recherche des origines.

(Présentation du livre, Éditions L'Atalante)

Kurzkritik

Premier roman du Genevois Vincent Gessler, né en 1976, Cygnis a reçu en France le Prix Julia Verlanger 2010 et le Prix Européen Utopiales 2010. Le héros de ce récit post-apocalyptique est un trappeur solitaire, accompagné d’un loup étrange au pelage strié de bandes métalliques. Ensemble, ils chassent des robots dans un monde qui a perdu la maîtrise des technologies. Un monde où le futur lointain côtoie le passé sans âge. Alors que la guerre éclate entre les hommes, le héros découvre ses propres origines et l’histoire surprenante de ses pairs. Cygnis est un récit à la langue travaillée, qui offre matière à réflexion pour peu que l’on accepte d’entrer dans son univers et son esthétique. En 2010, plusieurs publications de science-fiction ont par ailleurs révélé l’existence d’un vivier de nouveaux auteurs du genre en Suisse romande: Frédéric Jaccaud, Monstre [une enfance]; Vincent Gessler et Anthony Vallet (éd.), Dimension suisse. Anthologie de science-fiction et de fantastique romande; François Iselin, Partir de zéro. Journal d’un rescapé. (Anne Pitteloud)