Deux bons bougres
Roman

L’aube enfin interrompit cette étrange journée. Martin et moi avons encore nettoyé la salle d’opération. Visiblement trop ivre pour nous aider, von Sing restait immobile au centre de sa bibliothèque, toujours très droit, appuyé à une table, perdu vers de très lointains horizons. Nous avons mis quelques bûches pour ranimer le feu et nous sommes partis sur la pointe des pieds. Le soleil, à peine levé, faisait briller de rouge la neige durcie. – Regarde… Martin, désignant d’un index dansant devant lui le nuage de son haleine, dit: Le souffle, la vie... Nous sommes restés longtemps à regarder nos respirations, à les poursuivre et à jouer avec.

(Présentation du livre, Éditions Encre fraîche)