L’ange mort
Leçons d’amnésie par défaut

Je descends dans le jardin de ma mémoire. C’est un jardin intérieur où j'ai semé mes souvenirs. Certains ont péri, d’autres fleurissent à mon approche. Quelques arbres sont éternels dans mon temps qui s'achève.
Sous la terre du jardin s'étire un large souterrain où s'agitent les taupes.
Les taupes de l'oubli qui creusent les trous de mémoire. Elles dévorent les racines de mes souvenirs. Je les entends.
C’est le chant de l'amnésie.

Avec philosophie, détachement et tendresse, Roland Stauffer se joue des mots et des expressions figées, surprenant par la fraîcheur de son regard et son ironie. Dans ces textes, sans certitude ni morale, on découvre des taupes dévorant les racines des souvenirs, des hommes de paille, un poisson soluble, un fils reproduisant le geste de son père ou encore une fourmi bleue… L’épure invite à l’universel.

Encre fraîche