Le Pas de la Demi-Lune

Si on veut, c’est Marseille et on l’appelle Mahashima.
Legūdo, ce sont les Goudes.
Et Manosque se dit Manosaka.
Les collines, en tout cas, n’ont pas beaucoup changé.
À Mahashima, longtemps capitale d’un royaume sans importance, Ryoshū mesure son bonheur de vivre heureux dans une ville heureuse.
Un matin, il se met tout de même en marche pour aller revoir, non loin, les paysages de son enfance. En suivant le rivage, en gravissant les collines, il se remémore la période de troubles qui a marqué sa jeunesse, puis ce caprice du pouvoir à l’origine de la plus belle saison qu’on ait connue : le déplacement de la capitale, quand Mahashima fut subitement abandonnée par les puissants.
L’histoire a peut-être lieu dans le futur, mais on y voit des pans entiers de notre époque, des clans guerriers, comme dans le Japon médiéval, et une lumière qu’on avait oubliée.
C’est un monde renversé sans violence, ou presque, et qui retrouve son équilibre en ayant renoncé à durer toujours.

(Editions Verdier)

Kurzkritik

In seinem fünften Roman entwirft der französisch-schweizerische Autor eine politische und ästhetische Utopie als literarische Antwort auf die zeitgenössischen Träume von Genügsamkeit, Solidarität, Zusammenleben. Die Hafenstadt Mahashima lässt mit ihrer »warmen Atmosphäre, die zum Lächeln bringt und das Misstrauen schmälert« an Marseille denken. Ryoshu bindet Kinderbücher, die seine Frau Shakudo schreibt. Sie leben in einer egalitären Gesellschaft in fragilem Gleichgewicht – eine geglückte Neugestaltung der unseren, nachdem sie eine Revolution von der »List der Tempel und Paläste« befreit hat. Die Vergangenheit steigt jedoch im Gedächtnis des Erzählers auf, als er in einer Vollmondnacht zu den Gefilden seiner Kindheit wandert. Die japanisch anmutenden Orts- und Personennamen verweisen auf die östliche Philosophie, deren zyklische Vorstellung der Geschichte dieser Erzählung zugrunde liegt. (Anne-Lise Delacrétaz in Viceversa 17, 2023. Traduzione Ruth Gantert)