Exutoires

Ce roman raconte une journée de Lydia, une femme dans la cohabitation de trois solitudes qui ne se rencontrent jamais. Dans cette famille recomposée où la communication est impossible, le trio est devenu infernal et tout s’enchevêtre: les rêves brisés du quotidien, l’invisibilité de l’autre, les addictions de chacun, l’absence de distance, une démence qui conduit à l’abjection…
Comme dans une pièce de théâtre classique, l’histoire, à l’exception du dernier chapitre, se déroule le même jour, certes avec des allers et retours dans les mémoires. Tout se passe au même endroit, dans un même décor, un univers clos doublé d’un enfermement dans les têtes. Enfin, la totalité du récit se concentre sur un seul événement, l’élimination physique du père.
Si ce roman joue avec les réalités d’un microcosme quotidien, il interpelle pourtant de grandes questions morales en interrogeant la banalité du mal. Et dans ce contexte particulier interviennent aussi la place du libre-arbitre (ou du fatalisme) dans les souffrances infligées et subies.
On y trouve enfin la valse incessante de polarités antagonistes, le tout réuni dans ce qui devient un remarquable oxymore de la vie puisque le sordide de l’ordinaire cohabite avec ce qu’il peut y avoir de plus magique et de rédempteur, la musique.

(Présentation du roman, Éditions du Roc)