(Juste) avant suivi de Le sexe c’est dégoûtant et Venus pour le chercher
Longtemps on a pu s’extasier sur le spectacle ravissant d’un petit cochon, ou d’un petit veau, sans que s’établisse dans nos têtes le moindre lien avec ce que l’on nomme, comme pour mieux chosifier ces présences animales un instant vénérées, la filière porcine, ou son homologue bovine. Et puis la bête est devenue un souci – dans l’étable, dans la cage, dans l’assiette, dans les conversations – et tout est devenu plus compliqué. Certains les fuient, les soucis, moi j’aime écrire dessus, peut-être parce que je suis du côté des soucieux. Et puis j’avais déjà trouvé dans le passé un certain plaisir à livrer des partitions «animales» à des acteurs. Des chiennes, un cheval, un cochon, et ici, une vache et un taureau. Il y a là, dans ce petit slalom entre anthropo- et zoocentrisme auquel on peut du coup s’adonner, une jouissance particulière qui se nourrit également de l’espérance que comédiens et comédiennes verront dans cette matière une opportunité de jeu, au sens le plus simple et primordial de ce mot.
(Juste) avant a été créé au Théâtre Vidy-Lausanne le 29 avril 2017, dans une mise en lecture de l’auteur et une interprétation de Mathieu Amalric et Marthe Keller. L’écriture de ce texte a bénéficié du soutien de la Société Suisse des Auteurs (SSA).
(Présentation des pièces, L'Aire)