Lunaires
Fidèle à la voie tracée dans ses précédents recueils, José-Flore Tappy avance, désolée, sur le sol précaire de la planète terre, répétant ses questions précises et dardant sur les êtres, les choses, un regard stupéfait. Faim, froid, pauvreté: pas moyen de s'extraire de cette étroitesse, sinon par l'exécution de quelques gestes quotidiens, solidaires, par d'humbles besognes et une opiniâtre patience. Les poèmes apparaissent dès lors, dans cette errance nocturne, comme autant de haltes haletantes face au vertige de l'immensité, courts et musicaux suspens de la conscience hallucinée, placés sous la clarté cosmique, interrogative et depuis toujours ambivalente de la lune.
La Dogana
José-Flore Tappy, Lunaires, Genève, La Dogana, 66 p.
La lune nimbe de lumière les poèmes de José-Flore Tappy
L'écriture laconique de la poétesse se prête cette fois aux brouillards nocturnes, en contraste avec l'univers solaire de ses oeuvres précédentes. Mais on y retrouve la même énergie servie par le jeu des images et des sonorités.
Tour à tour cage de buée, hublot d'un navire invisible, savon, melon d'eau ou cerf-volant, la lune, dans ses merveilleuses métamorphoses, domine le nouveau recueil poétique de José-Flore Tappy. Elle baigne tout le livre de sa lumière, rêveuse et presque irréelle, espiègle ou hallucinée. Après trois recueils essentiellement solaires, brûlants, tragiques, voici, comme une réalité décalée, le versant nocturne, voilé de brume ou de brouillard, de l'univers poétique très personnel de José-Flore Tappy... (Marion Graf, Le Temps, 26.05.2001)