Ailleurs commence ici

On sait la poésie de Pierre-Alain Tâche sensible et fidèle au lieu. Elle y recense l’être dans ses rumeurs et ses signes, le monde dans sa présence. Pour tenter d’en dire et d’en saluer, malgré tout et jusqu’en ses états les plus infimes, les plus humbles, la beauté. Au cours des deux dernières décennies, l’ailleurs aura généreusement nourri le projet poétique de l’auteur. Or, voici que Tâche, dans ce recueil, éprouve le besoin de renouer, une fois encore, avec l’ici; avec ce proche où il constate, en redoublant d’écoute et d’attention, que la quête aux confins y fut rendue possible pour y avoir, un jour, commencé. Alors, «Il n’y a pas de perte sinon celle que l’unité de l’Un suscite entre les mots épars. Il n’est pas d’Arcadie à chercher. Et s’il est place pour l’ailleurs, qu’il soit cette roche ou cet arbre où l’enfant que tu es encore te montre le chemin de l’être et te dissuade de nommer.»

(Présentation du recueil, éditions de L'Aire)