Thérèse et la chèvre
Le livre prend comme point de départ un souvenir de l’auteure: un jour, à l’âge de dix ans, ses parents l’ont emmenée au cinéma, ce qui était plutôt exceptionnel. Elle y a vu l’un à la suite de l’autre Thérèse d’Alain Cavalier et La Chèvre de Francis Veber. Le portrait d’une sainte et une comédie avec un idiot maladroit. La superposition de ces deux films a eu sur elle l’effet d’un choc esthétique qui lui permet ici de parler de sa pratique artistique, elle aussi tiraillée entre deux mouvements contradictoires: d’un côté l’envie de trouver un langage sincère, authentique pour susciter des émotions qui émaneraient d’une forme très construite, de l’autre un certain attrait pour l’approximatif, le flou, la recherche d’humour et de légèreté. Thérèse (du film de Alain Cavalier) rencontre la Chèvre (du film de Veber) sur une scène de théâtre. L’une veut parler d’une aspiration, atteindre le sublime, s’étonner du monde comme étonner le monde. L’autre a de la peine à articuler une pensée, bute dans la langue, mâche ses mots, mais danse étonnamment bien les claquettes.
Dans l’espace du livre, ces deux opposés se font face. Le récit de l’anecdote et les souvenirs qui en découlent se retrouvent sur la page de gauche. À droite, le scénario d’une possible performance qui mettrait en jeu un corps, à la fois Thérèse et à la fois Chèvre.
(Présentation du livre, art&ficiton)