Soft Goulag

Dans un univers au dernier stade du capitalisme, marqué par la pensée unique et l’«in-différence», un thésard, lobotomisé comme le monde qu’il décrit, raconte une journée exceptionnelle d’Ad et Ev, un couple lambda qui obtient le privilège rare de faire un enfant, avant de se voir finalement contraint de renoncer à sa chance, trop lourde à assumer financièrement.
En parallèle, Velan emploie cette trame absurde pour mener une véritable étude sociale et confronter ses personnages à des situations échappant au cadre du «soft goulag» dans lequel ils sont enfermés.
Pour raconter cet univers qui n’est pas sans rappeler 1984 ou Le Meilleur des mondes, l’auteur use d’un style insolite, dégénéré et gauchi par la monosémie, faisant correspondre exactement la forme au propos de son récit.

(Présentation du livre, éditions Zoé)

Presseschau

...anti-utopie grinçante (...), [l]e récit intrigue, fascine, tandis qu’on détecte son humour et qu’on se fait à son style pénible, administratif, parfait écho de l’esprit d’une société mielleusement totalitaire où tous jouent avec bonheur le jeu du «social», terrifiés à l’idée de s’en distinguer, abreuvés de messages et d’appels publicitaires. (...) Au cours du roman se dévoilent (...) les subtilités d'un monde régipar des relations policées, dans une horizontalité motifère où toute verticalité, de soi ou liée à la transmission, a été abolie: ni rêves ni souvenirs n'y ont leur place, pas plus que la littérature ou l'Histoire (...) [Yves Velan] pressent ici l’instauration d’une pensée unique planétaire via la mondialisation, le règne des slogans médiatiques et politiques, le risque que font peser la croissance et une consommation effrénée sur nos ressources, l’explosion ­démographique, l’avènement d’une culture et d’une littérature soumises aux lois du marché. Et le lecteur est frappé par sa pertinence visionnaire, lui qui vit peut-être bien, aujourd’hui, dans une forme de goulag mou où a disparu l’idée même d’alternative économique ou sociale… (Anne Pitteloud, Le Courrier, 26.01.2017)

Dans une société sans mémoire et dans un futur indéterminé, la vie des individus est réglée pour le bien de tous par des lois qui ont été votées et ne sauraient être remises en question. Un système de dette et de vérification maintient une docilité parfaitement intériorisée, dans une société aux hiérarchies bien établies. (...) En quarante ans, ce «goulag mou» n'a rien perdu de son efficacité et de sa justesse. (Isabelle Rüf, Le Temps, 27.01.2017 )

Pour d'autres opinions dans les médias, voir les citations recueillies sur le site des éditions Zoé.