Deuxième vie Roman
Clin d’œil à son parcours, Deuxième vie de Marcel Schüpbach est aussi celle d’une femme de quarante-sept ans qui renaît grâce à une transplantation cardiaque.
Voici l’histoire d’une femme qui se réveille, un beau jour, avec le cœur d’un autre. Wanda est directrice des ressources humaines dans une grosse entreprise de communication et ce cœur nouveau, elle l’appelle sans état d’âme «la pompe». Une pompe efficace, à l’image de sa nouvelle propriétaire qui depuis l’enfance tient à distance ses émotions et gère ses obligations professionnelles avec une sèche compétence. Pourtant, rien n’est plus comme avant, Wanda s’en rend compte peu à peu. Les questions existentielles se bousculent et son rapport aux autres et à la vie va se transformer radicalement.
Entre les deux seins, la blessure s’imposait, d’un rouge vif qui tranchait sur la blancheur de la peau. Elle posa délicatement les doigts dessus. C’était la première fois qu’elle la touchait vraiment. Une sensation étrange. Il faudrait bien qu’elle s’y habitue : la cicatrice faisait partie d’elle-même désormais
Depuis très longtemps, Marcel Schüpbach cherchait à élaborer un film de fiction autour de cette thématique sensible, la greffe cardiaque, sans parvenir à trouver le bon scénario. Il tourne alors, pour nourrir son approche, un documentaire TV qui suit, en 2005, l’aventure d’un cœur, du moment où il s’arrête de battre jusqu’à l’instant magique où les battements reprennent, dans la poitrine d’un autre. «C’est une histoire qui me poursuivait ou que je poursuivais et c’est un des reportages les plus foudroyants que j’ai pu faire, en particulier parce qu’il s’agissait d’une greffe pédiatrique», se souvient le cinéaste au micro de la RTS.
Quelque dix ans plus tard, la fillette greffée, devenue jeune adulte, appelle le réalisateur et tous deux décident de faire un autre film, ce sera Deuxième souffle. Lorena y raconte ce que signifie pour elle devoir sa survie à la mort d’un autre enfant et sa relation à un cœur dont elle veut être à la hauteur.
Fort de cette expérience qu’il décrit aujourd’hui encore avec émotion, Marcel Schüpbach se sent enfin prêt à construire une fiction mais décide d’abandonner l’image au profit des mots. Son roman est en route et son ami Bernard Campiche le publie.
Écrire un scénario ou écrire un roman, la différence est énorme mais, souligne Marcel Schüpbach, «je ne me prends pas pour un écrivain, je suis un cinéaste qui a souhaité raconter une histoire. Celle d’une enquête, car Wanda va chercher l’origine du cœur qui lui a été greffé, et celle d’une quête d’identité».
Marcel Schüpbach a longuement travaillé les ressorts narratifs et le récit avance de découvertes en rebondissements, au rythme bien sûr des battements de cœur de son héroïne.
(Bernhard Campiche Editeur)
Wanda Parker ist nicht sentimental. Daran wird auch ihre Herztransplantation nichts ändern. Zumal ihr neues «ent-nervtes» Organ nicht mehr auf Emotionen reagiert. Da wird sie plötzlich mit ihrem möglichen Spender konfrontiert. Ihre Verwirrung ist gross und weckt verborgene Traumata. Um die Kontrolle zurückzuerlangen, muss Wanda herausfinden, von wem ihr Herz tatsächlich kommt.
Nach einer Karriere als Dokumentarfilmer und Reporter veröffentlicht Marcel Schüpbach seinen ersten Roman, der die Heldin auf eine wirkungsvolle existentielle Suche schickt. Gut dokumentiert, in einem trockenen Stil, der die Handlung bevorzugt, hält die Erzählweise die Spannung aufrecht. Ihre sonnendurchflutete Auflösung öffnet sich einem wohltuenden Humanismus. Wie Wanda beim Betrachten einer Magnolienfrucht hört man den Autor murmeln: «die Perfektion der Natur schien ihr unerhört.» (Marianne Brun, «Viceversa a lu», Übers. rg)