Grammaire blanche suivi de Belles saisons imparfaites
Sur l'écran blanc, tout se projette. Aussitôt construite, la maison s'écroule, les planches tombent, les briques chutent, les fenêtres se décrochent, les portes battent dans le vide des murs absents. Je redresse l'échelle, je recommence à assembler la maison fictive.
Comment être au monde, diminuer au maximum cette faille qui nous empêche de coller aux choses, vivre ici et maintenant, simplement accueillir, innocemment, ce qui s'offre à nous? [...]
Presque à l'insu de celle qui écrit (là est la grâce, maintenue par-delà tous les périls), quelque chose s'élève, un texte qui est comme la première pierre sur laquelle bâtir. Elle peut ainsi réapparaître, mais à un niveau du langage autre, dans un espace imaginaire rénové, cette maison fictive qui n'est plus désormais synonyme de malédiction.
(Éditions Samizdat, extrait de la préface de Laurent Cennamo)