La Balade des perdus
Roman

Un beau jour de juin, sur les routes des Alpes, un minibus roule à vive allure. A son bord, quatre jeunes et leur éducatrice, Julia. Elle est bougonne et presque aussi maladroite que ses protégés. Eux, ce sont des ados que l’on désigne sous la redoutable étiquette de « handicapés ». Il y a Pauline, frêle et constamment malade, Bierrot, lunaire et lubrique, Goon, aussi costaud qu'irascible et fan d'André Rieu. Il y a Luc, enfin, qui cache mal sa panique.
Quelques mois plus tôt, Luc s’est pris au jeu des forums psychologiques en ligne sous la fausse identité de Docteur GoodLuck. Sans le savoir, il a prodigué ses conseils à un ministre et inspiré une réforme controversée, au point que les médias se sont juré de démasquer ce dangereux gourou virtuel ! Terrifié, il veut absolument détruire les preuves de son imposture.
Mais le voyage qui doit ramener la petite bande vers son institution se transforme en équipée rocambolesque. Nos zigotos pathétiques et drôles, attachants et exaspérants, vont faire face à d’innombrables incidents de parcours et à des rencontres pas toujours bienveillantes, avant de rejoindre leur destination…

Une intrigue cocasse et poétique tout autant que dérangeante. Car derrière la dinguerie et le burlesque, Thomas Sandoz nous offre une satire mordante de l’obsession contemporaine pour la performance.

(Quatrième de couverture, Grasset)

Kurzkritik

Thomas Sandoz reprend des personnages qu'il affectionne particulièrement, les perdus, ceux qu'on a du mal à aimer, en l'occurrence des handicapés, comme dans l'un de ses premiers romans, Gerb (2000). Il les lance sur les routes, un motif qui fait lui aussi partie de ses registres. Mais cette fois-ci, le changement est total. La Balade des perdus est une vraie comédie et l'auteur se montre d'une extravagante inventivité.
Le groupe d'handicapés, ingérable et singulièrement attachant, doit regagner le Castel au plus vite. Les rebondissements, rencontres, fourberies et nouveaux départs ne souffrent d'aucun temps mort. L'épopée est grandiose, mais il manque une respiration métaphysique comme l'auteur nous y avait habitué. D'autant que le titre est un clin d’œil à l'univers grotesque de François Villon. (Marianne Brun)