La Terre tremblante
Roman

Son père tout frais enterré, Bartholomé de Ménibus fuit l’archétype du village dans la vallée — sa laiterie, son abattoir et son café — pour aller voir à quoi ressemble l’autre versant de la montagne. Dans le pays d’à-côté, les routes asphaltées crachent des engins et, sur un banc, les vieux se languissent et attendent leurs enfants qui les ont abandonnés pour partir en vacances. Les vaches portent des hublots pour qu’on jauge: «C’est une vitrine sur le produit» explique le paysan. Bartholomé décide de poursuivre et d’enjamber la montagne suivante.

La Terre tremblante est un ouvrage troublant. Paradoxes et autres perles d’inventivité ouvrent la voie à une sagesse plus profonde: si les montagnes se ressemblent et mènent apparemment à d’autres montagnes, chaque ville rencontrée par Bartholomé est unique, aux prises aux rapports de production effrénés ou à la gestion des déchets ou à des impuretés à cacher ou enterrer.

La Terre tremblante pourrait passer pour une fable écologique. Ce serait s’arrêter à la première couche de cette œuvre riche et exponentielle. Au milieu de son écorce revient inlassablement la question du peuplement du monde par les humains, puis, comment ils le quittent. Derrière le style énigmatique et proprement urechien, on découvre une tendresse ingénue et un humanisme poétique.

(Présentation du livre, Hélice Hélas)

Kurzkritik

Von Roman zu Roman schafft Marie-Jeanne Urech dystopische Welten, die sie in scheinbarer Naivität und umso brillanterer Eleganz erstrahlen lässt.
La Terre tremblante präsentiert die gesammelten Briefe des Bartholomé de Ménibus, der über einen Berg nach dem anderen wandert, um ans Meer zu gelangen. Dabei trifft er seltsame Bräuche an, wie das Zurücklassen alter Leute am Strassenrand oder die intensive Schweinezucht auf Hochhäusern, bis er schliesslich an einem Plastikmeer landet.
Zwischen seinen Briefen finden sich diejenigen einer begabten jungen Frau, die sich ihm an die Fersen haftet, um ihn zurückzubringen. Anhand seiner Spuren entdeckt sie, wie die Durchreise des Abenteurers die Welt stückchenweise wieder ins Lot gebracht hat. Das tragische Epos prangert nicht nur die ökologische Katastrophe an, sondern feiert auch die Herzensgüte eines einfachen Gemüts in der Gestalt des Fremden.
(Marianne Brun, «Viceversa a lu…» et Viceversa 13, 2019, trad. rg)