Une rencontre à Pékin
«Je ressens une forte émotion en retrouvant ces moments ensevelis sous tant d’autres souvenirs. Pékin a perdu ses murs et ses portes, cette capitale qui fut l’une des plus belles de l’histoire n’a plus de visage. Et nul ne peut plus imaginer ce que fut un voyage comme le mien parce que l’ère des longs voyages vers l’inconnu est close.»
Dans ce récit, le sinologue raconte sa rencontre avec une jeune femme médecin, durant ses études à Pékin dans les années 60, avant la Révolution culturelle, et les obstacles qu'ils ont dû surmonter pour pouvoir se marier. Ce texte saisissant, aux épisodes rocambolesques, est aussi une façon d’évoquer une Chine qui n’existe plus. Il est en même temps l’histoire d’un apprentissage – de la découverte progressive d’une réalité politique et sociale qui devait rester cachée.
Dans une deuxième partie du récit, l’auteur évoque leur premier retour à Pékin, en 1975, dans une Chine exsangue et paralysée. Le dernier chapitre relate comment ils en apprennent beaucoup plus sur la réalité chinoise, à la faveur des fréquents retours qu’ils y font à partir des années 80, et comment ils découvrent enfin, bien après leur mort, la remarquable histoire de ses parents à elle, sous l’ancien régime. De ce fait, les trois chapitres forment à la fois un bref roman entièrement véridique et, de proche en proche, une initiation à un siècle entier d’histoire chinoise.
(Présentation du livre, éditions Allia)
Der Sinologe und Essayist Jean François Billeter verfasste die beiden Bücher nach dem Tod seiner Frau Wen. In Une autre Aurélia, dessen Titel auf Gérard de Nerval anspielt, sieht er das Sprechen von dieser persönlichen Tragödie als Weg zu einer gemeinsamen Erkenntnis. Im Tagebuch, das er von 2012 bis 2015 führt, will er nicht die Trauer, sondern »den Übergang von einem Glück zum anderen« beschreiben – »von demjenigen, mit Wen zu leben zu dem, mit ihr gelebt zu haben«. Dies gelingt ihm, auch wenn er immer wieder von Trauer überwältigt wird, was er nicht verbirgt. Wens Gegenwart zu spüren, statt unter ihrer Abwesenheit zu leiden – dieser Wunsch ließ ihn wohl auch Une rencontre à Pékin schreiben, in dem er sich an seine Studien erinnert, die er kurz vor der Kulturrevolution in China begonnen hatte, und vor allem an die faszinierenden Umstände, die zu seiner Heirat mit Wen führten. (Claudine Gaetzi in Viceversa 12, Übers. rg)