Le Narrateur et son énergumène
L’énergumène a décidé de détruire le « Monde ancien ». Son plan ? « Une conspiration fatale » où tout le monde se soulève, les assujettissants autant que les assujettis, les Blancs comme les Noirs. Il s’agit d’abolir le capitalisme, à commencer par les États-Unis. Son arme ? La littérature. Et pour la manœuvrer, le narrateur, que l’énergumène vient chercher dans la petite ville de la Chaux-de-Fonds afin de le convaincre de coopérer. Mais le narrateur est un non-violent, qui met en place une palpitante stratégie pour faire avorter les desseins destructeurs de l’énergumène.
Dernier volet du cycle romanesque de Velan, ce huis-clos cousine avec Beckett et Dostoïevski et atteste brillamment du rôle joué par la littérature aux yeux de l’auteur : une perpétuelle mise en question politique et esthétique.
(Présentation du livre, Editions Zoé)
Le narrateur et son énergumène offre une fascinante expérience de lecture. Vertigineux, drôle souvent, burlesque parfois et tragique aussi, politique, mélancolique et savant, il a atteint, au cours de sa longue maturation, une sorte de perfection formelle qui vient clore magnifiquement le cycle des trois romans précédents. (Isabelle Rüf, Le Temps, 23.02.2018)
À la fois autobiographie, réflexion politique, exercice littéraire ambitieux et nourri de références, en particulier aux écrivains russes, ce roman posthume mélange les genres avec bonheur. (Serge Sanchez, Le Magazine littéraire, mai 2018)
Le Narrateur et son énergumène aurait pu échapper à l’histoire de son art, le roman. Ce n’est que peu de temps avant sa mort (…) qu’Yves Velan a accepté que son livre soit publié (…). Il aura fallu quarante ans, et une quinzaine de versions, pour que ce texte ultime nous parvienne. (…) Une durée de décantation et de rétention qui doit au démon de l’exigence et au drame familial dont le roman se fait l’écho (…). Mais peut-être aussi au caractère intrinsèquement inabouti de toute création véritable, qui faisait dire à Paul Valéry : « Il n’y a pas d’œuvre achevée, il n’y a que des œuvres abandonnées. » (Maxime Maillard dans Le Courrier, 16.08.2018)
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