In un giardino dipinto / En un jardin peint
Le regard de Daniele Morresi est à la fois singulièrement accueillant,
généreux, et acéré, alternativement tendre, empreint d’une sorte
de compassion pour les êtres et les choses, et tranchant, presque coupant.
C’est un jardin, mais seulement peint, où l’on ne peut dormir longtemps,
s’éblouir longtemps (s’enchanter de mots), où l’important est de se réveiller, d’ouvrir les yeux :
Ne te demande plus
si elles sont vraies, les choses ;
demande-toi plutôt qui les imagine. (Imagine)
Cette poésie oscille entre deux stupeurs : celle qu’il y ait quelque chose,
et celle qu’il y ait des choses qui sont constamment, volontairement
(politiquement aussi) occultées. D’où cette perpétuelle hésitation entre un cri
(une dénonciation, parfois furieuse) et un chant, qui est acceptation
de ce monde intérieur et extérieur à éclipse, une sorte de sagesse paradoxale.
Le poète est le témoin tantôt émerveillé, tantôt troublé, de ces cycles en lui
et en dehors de lui, flux, reflux, cycles de mort et de renaissance (…)
(Laurent Cennamo, avant-propos, éditions Samizdat)