Desperado. La cendre des gestes Roman
Il se réveille dans une chambre blanche. Nul sentiment de qui il est, nulle idée où il est et ce qu’il y fait. Il part à la recherche de son identité en suivant ses traces et ses odeurs. Une femme entre dans l’appartement et prétend être sa fille. Il découvre peu à peu des bribes de son passé qui lui révèlent qu’il n’est plus l’homme qu’il a été, un desperado, un hors-la-loi prêt à se battre jusqu’à la mort.
Un extrait de l’œuvre
Un songe perclus d’inexistence s’attablait au chevet de ma mémoire. Je croyais dormir, bercé par une chanson douce. L’effusion de tendresse d’un rayon de soleil m’a réveillé. J’étais couché sur le plancher. J’entrevoyais une chambre vide et blanche. J’étais nimbé de bienveillance. Je me suis hissé sur les coudes, je vaguais dans le blanc, je ne savais rien, je n’étais rien. Un vide dans un vide. Je n’étais pas une conscience, mais un vague amas de sensations avec des émotions aussi imprévisibles que les poings d’un boxeur. Plus d’avant, plus d’après.
Je me suis levé, d’abord pris d’un léger vertige, les jambes flageolantes. Je cherchais à m’asseoir, à m’allonger, à me coucher, mais pas de chaise, pas de sofa, pas de lit, rien. Quatre murs comme autant de pages vierges, deux fenêtres, et, sous mes pieds nus, un plancher. La chambre était blanche et vide. Un flux de sang a pulsé dans ma tête, chassant le vertige. Il me fallait habiter mon corps. J’ai regardé mes pieds nus et j’y ai concentré toute mon énergie jusqu’à les envelopper de chaleur. Puis mes chevilles, mes jambes, mes cuisses… et j’ai compris que j’étais nu.
« Je suis nu… »
Je me suis entendu parler, ça m’a fait du bien. Pourquoi étais-je nu, de corps et d’esprit, dans une chambre vide et blanche ?
« C’est moi… »
(Présentation du roman, Bernard Campiche Editeur)