De si rudes tendresses

Dans l’obscurité, mon mari m’a caressé une main. Je crois que des larmes baignaient son visage. J’ai détourné la tête. Le concert terminé, nous sommes sortis de la salle. Alors qu’un taxi s’approchait, j’ai expliqué à Gérard que je devais encore voir une patiente à l’hôpital, que je désirais y aller à pied. Gérard et le taxi disparus, je me suis à nouveau engouffrée dans la salle Pleyel. J’ai cherché les loges.? Il était encore là. ?Je n’ai pas dû dire grand-chose. Qui sait pourquoi, il a vite compris et a eu l’immense délicatesse de ne me poser aucune question.
Coupables, ils le sont tous, les personnages de ces nouvelles, mais leur culpabilité est aigre-douce. Le plaisir, la jouissance ou la passion s’entremêlent à la lâcheté, au mensonge ou à la trahison... Ces hommes et ces femmes dissimulent leurs faiblesses, mais une faille peut tout remettre en question. Tomaso Solari électrise le lecteur par ses textes sous haute tension. Les mots frappent, gémissent, hurlent, dans ces univers tortueux et pourtant si humains.

(Présentation du livre, Encre Fraîche)