Volubiles Nudités

L’émacié avait aimé la Suisse romande comme contrée du silence. En contraste avec son héros beckettien, Alexandre Caldara nous emmène  dans le monde bruyant  d’un groupe de rock  rocailleux : deux musiciens détectives  et leur chanteuse presque mutique,  improbable Velvet Underground  déferlant dans les basfonds de Lisbonne. Comme  ticket d’entrée aux concerts sauvages, un mystérieux lipstick carmin.

Un texte haletant qui descend comme le Tage à la mer.

Les personnages secondaires existent-ils vraiment? Le narrateur s’interroge  alors qu’il en aligne une kyrielle (dont un chef de cuisine portugaise  dit Dodu, un pantalon dit Pistache, un Jeune homme au tee-shirt jaune, un Top-model et son amant nigérian pris en filature, sans compter la  Vénus d’Urbin peinte par Titien  et une paire de jumelles troglodytes. Fresque burlesque? Festin lisboète?  De l’entrée en scène : sardines grillées et salade parfumée à la coriandre, en passant par arroz Tamboril et vinho verde, jusqu’au dessert : une confiture de rhubarbe, petits pois et gingembre, Alexandre  nous aura pris au piège de ses coq-à-l’âne, aux rets étourdissants de ses sarabandes:

nous reviendrons peut-être à la musique d’après saccages, dénicher un son enfin, une ficelle suspendue entre les sept collines, une prière de silence. C’était Volubiles Nudités !

(Présentation du livre, Samizdat)