Hannah Roman
Papa a fait quelque chose de super génial : il a peint le plancher de ma chambre en bleu foncé, pour faire croire que c’est la mer. Moi je savais pas qu’on avait le droit de peindre le sol dans les maisons, mais Papa a dit qu’on a le droit de faire tout ce qu’on veut ici, c’est notre royaume rien qu’à nous. Alors je lui ai dit que je voulais peindre aussi les bords des fenêtres en bleu, et il l’a fait! C’était trop beau, en plus je connais personne qui a un appartement comme ça et je suis toute fière quand les copains viennent jouer. Sauf qu’ils viennent pas très souvent parce qu’on habite loin de la maison de Maman et de mon école. Mais j’ai déjà rencontré deux enfants ici dans la cour, et quand on se connaîtra un peu mieux, je leur demanderai s’ils veulent venir manger les quatre-heures chez moi. Mais là j’ai pas encore le courage.
Rares sont les récits racontés du point de vue d’un enfant qui convainquent comme une évidence : Hannah est l’un d’entre eux ! Sa voix d’autrefois et son existence d’aujourd’hui se font écho, restituant tous les épisodes qui ont rythmé ses jeunes années, imprégnées par l’amitié, l’amour ou encore la maladie. Un roman qui va à l’essentiel.
(Quatrième de couverture, éditions Encre Fraîche)
In ihrem ersten Roman begibt sich Sarah Tschopp, die auch Übersetzerin ist, auf Augenhöhe eines Kindes. Sie stellt Alltagssplitter ins Zentrum (das Bad, das Zusammensetzen eines Puzzles, der Besuch zum Essen bei einer Freundin) und erzählt dabei, wie ein kleines Mädchen sich Dramen wie die Krankheit der Mutter und bedrohliche Lebensentscheidungen der Erwachsenen vom Leib zu halten versucht. Der «Drang nach kleinen Freuden» des Mädchens erlaubt der Erzählerin, die nötige Distanz zu wahren und Pathos zu vermeiden. Der geschmeidige, allerdings manchmal auch etwas künstliche Stil hält die Gefühle geschickt auf Distanz. Die doppelte Erzählzeit ist hingegen nicht ganz geglückt. Der «erwachsene» Teil mag notwendig sein, um die Auswirkungen dieser Dramen zu erfassen, doch fehlt es ihm an Zusammenhang und Stringenz. (Marianne Brun, Übers. rg)