Paysage rapace
"… mais de quelles bacchanales ce lieu fut-il le
théâtre ? Tu rejoins une petite passerelle et te voilà
cloué devant des ruines interlopes : ce qu’il reste des
structures de l’ancien funiculaire – dalle et trames en
béton – disparaît dans un tunnel.
Le végétal partout avec lianes de lierre qui aspirent le
mur de soutènement.
Devant l’entrée aux trois-quarts condamnée subsis-
tent quelques foyers de feu, canettes mégots bouts
de cartons verres en plastique et sur les murs des ins-
criptions, graffitis et tags. De quels rites urbains ces
déchets sont-ils la trace, y aurait-on monté la garde
ou cherché refuge, scouts ou squatteurs ?
La porte appelle mais exhale une humidité poreuse.
Tunnel, fosse qui pisse sur ses côtés un mince filet
d’eau, latrines ou canalisations ouvertes – la peau
résiste pierres qui glissent calment ton élan l’écho en
stéréo butte contre l’obscur ; infiltrant ça fascine on
déchirerait cette nuit qui suinte.
Espace récalcitrant."
(Extrait du livre, Samizdat)