L'Aventure occidentale de l'Homme

Kurzkritik

L’Aventure occidentale de l’Homme (1957)

En précurseur du «Dialogue des Cultures», dont il sera l’un des principaux initiateurs, l’auteur nous offre une méditation sur l’aventure spirituelle, technique et économique, de la conscience occidentale du XXe siècle. Cet ouvrage décrit les principes de cohérence et les implications philosophiques de l’attitude de l’homme occidental et des croyances qui donnent à sa culture sens et raison d’être, interrogeant du même coup les options fondamentales initiales et finales de la civilisation occidentale. Celle-ci a produit, entre autres, deux créations typiques, deux réalités spécifiques, hétérogènes, d’ordre et de nature incomparable: la machine et la personne; elles fondent la genèse de l’Aventure occidentale. Des questions posées sur la finalité d’une civilisation découlent les formes de deux civilisations distinctes? l’Occident et l’Orient?, deux directions maîtresses de l’homme dans sa quête du réel: d’un côté l’obéissance active à un Dieu personnel qui a chargé l’homme d’une mission terrestre et, de l’autre, la connaissance immédiate de l’Esprit immobile par une ascèse qui délivre l’âme des liens du monde. L’option décisive de la quête occidentale est prise lors des grands Conciles œcuméniques, qui définissent la personne humaine, et sa destinée, à partir de la Trinité, de la personne du Christ, vrai Dieu et vrai homme à la fois. Naissent alors les paradoxes, les tensions et les contradictions de l’homme occidental qui, porté par une dialectique permanente de l’existence, poursuit une recherche jamais achevée, mais créatrice, d’un équilibre plus vivant mais cependant jamais stabilisé, une tension qu’il ne peut dépasser qu’en vertu de la foi, dans l’amour, et par l’obéissance absolue à une vocation transcendante. De la quête du Progrès, puissant ressort de l’aventure occidentale, découlent trois maladies spécifiques: la passion, la révolution ou la passion socialisée, l’État-Nation ou la vocation socialisée. Toutes trois sont le résultat d’une transposition abusive de réalités spirituelles. L’expérience du temps historique, la découverte de l’espace, l’exploration de la matière et l’aventure scientifique généralisée n’ont guère permis à l’homme occidental de trouver son équilibre. Aussi l’auteur préconise-t-il une philosophie de la liberté qui n’exclut pas Dieu, et un dialogue métaphysique, nécessaire et possible, pour le salut de l’Occident et du monde, une quête sans fin entre l’Orient et l’Occident: une réconciliation de l’Aventure chrétienne occidentale et de la Voie religieuse orientale, «Dialogue» qui doit avoir lieu au niveau créateur des grandes cultures vivantes de la planète. (Bruno Ackermann)