De l'acide citronnier de la lune
"Parler de l’arcane de vent, ce mystère qui s’exprime toujours par l’intermédiaire. Le vent parle les branches, les herbes, les vagues… Autant de langues étrangères. Les apprendre toutes ou se laisser bercer de l’illusion de comprendre. Prendre par les pores et voir le sens fluctuant de ses messages advenir. Je me mets dans le flot, dans le courant d’air. J’ouvre les bras, pas toujours, parfois je ferme et serre, pour une caresse sur la boule de nerfs. J’essaie alors de savoir quelle matière me forme pour n’avoir aucune douceur, aucune légèreté, aucune transparence. Le silence m’appartient, lui seul réagit et résonne à la harpe du vent. Le souffle passe, et dedans au profond, les vibrisses de la parole se mettent en mouvement et dansent. On dirait du corail ou des algues, agités, appâtés par les circulations invisibles des éléments."
Anna Jouy (extrait de De l´acide citronnier de la lune)
(Quatrième de couverture)