Asile d'Azur

Irrémédiable destin que celui de ce joyeux médecin qui, pour guérir son plus fidèle patient, épouse son triste mal en sachant qu'il ne le sauvera jamais.

À l'entrée d'hiver du jardin zoologique fermé depuis trente ans, le narrateur, après avoir passé devant "la statue du renard blanc érigée en mémoire de la blancheur éternelle des goupils transportés dans la transe des enragés", franchit le seuil de la clinique Azoug où il est attiré par l'avis d'une pancarte: unique patient cherche volontaire pour le visiter. Hypnotisé par le lieu où la Doctorine Azoug l'attend depuis très longtemps, il avance à la recherche de ce patient avec la douceur du terrible désespoir inconscient. Le patient Hazoug est le peintre attitré de la Doctorine, tenu de faire son autoportrait tout en sachant qu'il mourra le jour où, pour son malheur, il aurait achevé l'œuvre où elle reconnaîtrait leurs deux visages enfin confondus.

Presseschau

[...] Laissons-nous donc engloutir dès la première page et la première longue phrase d'Asile d'azur de Jean-Marc Lovay. Écrivant, on peut laisser respirer le vide autour des mots. Ici, l'écrivain valaisan sature d'entrée l'espace de la lecture. La phrase est proliférante. Elle existe par son propre rythme interne. Elle vibre d'allitérations. Elle rayonne de surcharges qui mènent à l'ivresse. Dyonisiaque, le texte alors troue le monde pour le redimensionner à sa hauteur. Comme un vertige. Le livre hors norme. [...] (Jacques Sterchi, La Liberté, 24.08.2002)

L'éblouissante planète Jean-Marc Lovay
[...] Ses romans d'une beauté étrange, éblouissante, allient le souffle dévastateur de l'art brut aux délires câlins de quelque sorcier en mal d'amour revenu d'improbables odyssées lunaires. Sur la planète Lovay, les moissons du verbe sont des joyaux précieux, doux et brûlants comme le soleil mourant sur Srinaghar, comme dictés par les mélopées incantatoires d'un chaman facétieux, qui s'amuse à sa guise des cauchemars de l'homme.
Son dernier récit, totalement allumé, est d'une veine flamboyante qui transcende ses précédents romans: Asile d'Azur trace le destin d'un très étrange médecin, qui pour guérir son unique patient, épouse son mal en sachant bien pourtant que jamais il n'arrivera à circonscrire l'affection. [...] (Catherine Favre, Le Journal du Jura, 30.08.2002)

La fresque au cœur de l'asile
On lit dans l'Asile d'azur de Jean-Marc Lovay comme dans la tête d'un patient acharné à peindre une fresque jusqu'au délire d'une impossible guérison.
Il faut y aller paragraphe par paragraphe, reprendre ses esprits et poursuivre. Rester concentré. Ne pas se laisser assommer par les flots d'images. Se glisser à travers ces murs de mots, ces phrases ahurissantes et compliquées truffées de paradoxes et parsemées d'amers et joyeux constats toujours aléatoires sur la vie, la mort et le temps. Nimbé d'un éclat de sombre beauté, avancer jusqu'à la prochaine fatigue et ainsi d'éclairs en fatigues épouser les méandres de cette prose hallucinée. [...] (Jean-Bernard Vuillème, 24 heures, 03.09.2002)

Jean-Marc Lovay lance un nouveau défi à ses lecteurs
Le septième roman de l'écrivain valaisan est toujours aussi surprenant par sa vision du monde et ses trouvailles langagières. Tentative de description de cet Asile d'azur
[...] Si l'on fait de la difficulté de lecture un point de départ dans la marche d'approche vers cet inaccessible Asile d'azur, c'est qu'elle est vraiment constitutive d'une œuvre qui résiste et se refuse à toute interprétation univoque, comme un rêve ou conte. Une fois de plus, on est frappé par l'autonomie de l'univers lovaysien, qui a ses lois propres et fait bien plus appel à l'imagination de ses lecteurs qu'à leur logique. Seul conseil qu'on puisse dès lors donner: laisse aller, c'est du Lovay! [...] (Isabelle Martin, Le Temps, 07.09.2002)