Halte sur le parcours
Poèmes

Ces poèmes en prose, d’une lecture jouissive et aisée, nous font plonger dans l’univers vivant de la jeunesse de l’auteur. Presque tous ont été écrits dans les années 1980 alors que Samuel Brussell parcourait l’Europe en plongeant dans la vie, l’amour, les différentes langues, les dialectes, les rencontres mais surtout dans l’âme des lieux et des gens qu’il visitait intensément.
Un choix de ces poèmes est paru en 1989 chez Mondadori et a été préfacé par Franco Fortini; il y parle de la profonde qualité des textes:

«Il y a dans ses écrits une superposition, comme une trichromie, de trois éléments: un sentiment passionnel pour la vie concrète, corporelle, qui émane de la création, des êtres, de leur misère sublime; le désir de dépasser cette contingence pour arriver à l’horizon d’une morale concrète, d’une beauté «humble», une idée pas très éloignée de ce qu’un temps Saba proposait comme «une poésie honnête»; enfin, un au-delà de la poésie elle-même, qui voudrait transfigurer la réalité.»

(Présentation du recueil, La Baconnière)

Kurzkritik

Poète, romancier et éditeur, Samuel Brussel est un voyageur cosmopolite, menant une vie de vagabondages dont ces poèmes de jeunesse, écrits en grande partie dans les années 1980, livrent un bel écho. Des poèmes parfois en vers libres, parfois en alexandrins, jouant avec les structures métriques classiques, loin des modes contemporaines. Ils disent l'héritage de l'errance, ancré dans la conscience de cet écrivain d'origine juive, l'exil mais aussi la traversée des langues, des lieux, les rencontres, les amours. Il s'y déploie l'expérience d'un authentique citoyen du monde, en mouvement permanent, pour lequel le déplacement apparaît comme la condition d'écriture même. (Marina Skalova)