Ice & cream Humeurs glacées
Des glaces de toutes sortes, joyeuses, rêveuses, mystérieuses, vénéneuses. Petits paysages plantés sur des bâtons ou des cornets gaufrés, traversés par quinze ballades crèmeuses et parfois glissantes.
«Lorsqu’elle dépose la couleur, c’est un moment de plénitude. Elle ne travaille qu’en présence, dans un état d’alerte. Alors elle lâche prise et sa main devient intelligente. Sous la caresse de son pinceau, certaines glaces sont tristes, lourdes ou timides ; d’autres s’offrent, épanouies et joyeuses…
(…) Il n’y a rien de gelé dans ces glaces. Elles parlent autant des émotions que du corps. En un mot, des humeurs. Ce sont nos salissures qui se laissent entrevoir dans ces taches d’eau. Elles peuvent avoir un arrière-goût de charogne baudelairienne. De faisandé et de sublime. Ce goût des vacances d’été aussi, en enfance, et des plages de la riviera italienne… Ce sont des pétards, des bombes puantes, des cornets surprises, des arcs-en-ciel et des aurores boréales.
(…) Ces glaces nous ressemblent. Elles veulent nous faire rire, nous faire peur, nous faire envie. Ce sont des clowns. Et bien sûr, elles sont sexuelles. Phalliques et femelles, hermaphrodites. On peut les lécher des yeux, on peut aussi les mordre, pour une sensation plus intense. La brûlure dans les gencives se communiquant à tout le système nerveux, faisant frissonner jusqu’à l’os. Fantômes, ruines, elles sont aussi réjouissance. C’est ainsi que Florence les a conçues: comme un «shoot» de plaisir. C’est ainsi qu’elle nous les offre.»
(Julien Burri, art&fiction)