Corinne Desazens wurde 1952 in Sète geboren und lebt in Nyon. Die Autorin von Romanen und Essays ist auch Übersetzerin, Künstlerin und Journalistin. Sie schloss ein Russisch-Studium an der Universität Lausanne ab. Unter ihren zahlreichen Büchern sind Il faut se méfier des paysages (L’Aire, 1989), Aubeterre (L’Aire, 1994), Bleu diamant (L’Aire, 1998), für die das sie den Prix Rambert erhielt, Poisson-tambour (Campiche, 2005) und der mit dem Prix Lipp ausgezeichtete Roman Un roi (Grasset, 2012). In Honorée Mademoiselle (L’Aire, 2017) übersetzt sie die Texte der englischen Balkanreisenden Edith Durham.
Bibliographie
Le petit cheval tatar ne parle ni de chevaux, ni de Tatars, mais il regarde bien au fond de l’œil, si profond qu’arrivent alors des histoires ophtalmologiques de l’Antiquité à nos jours, la déficience visuelle des peintres impressionnistes, la réticence de certains grands conquérants à se faire portraiturer munis de lunettes, la nécessité de déguster une fois au moins un œil de mouton, l’évocation magique des dessins médicaux et la folie qui guette Drogo, dans Le Désert des Tartares, en haut de sa citadelle à trop attendre d’enfin voir quelque chose passer.
Et, à l’instar des opérations fines du chirurgien rétinien Daviel, comme en incisions dans le texte, apparaît l’homme à la veste rouge qui joue à cache-cache avec la narratrice.
Ce texte nous emmène dans un voyage particulier autour du globe oculaire, comme Ella Maillart choisissait des chemins de traverse pour mieux phénoménaliser le monde.
La Baconnière