María Mercedes Carranza est une écrivaine colombienne. Elle termine ses études de Lettres avec un travail sur son père, Eduardo Carranza, poète et homme politique ; ce travail, intitulé Carranza por Carranza, deviendra plus tard un ouvrage de référence. Elle est active dans le milieu culturel, à la fois comme journaliste en dirigeant des chroniques littéraires et à la fois comme fondatrice de la célèbre Casa de Poesia Silva à Bogota, qu’elle préside de 1986 à 2003. Elle s’engage aussi en politique et devient membre de l’Assemblée nationale lors de la nouvelle constitution de 1991. Elle a, entre autres, publié les recueils de poésie suivants : Vainas y otros poemas (1973), Tengo miedo (1983), Hola, soledad (1987), El canto de las moscas (1998).
Bibliographie
María Mercedes Carranza est une figure majeure de la poésie latino-américaine du XXe siècle, tout comme Alejandra Pizarnik ou Alfonsina Storni. Dans un contexte politique et social dominé par la violence, sa voix résiste. Parlant du familier et du quotidien, elle ose nommer ce qui est intime et dénoncer la guerre. Elle vient dire avec lucidité la douleur d’être soi et la vanité des grands mots. En abordant la mort, l’amour et l’histoire, son engagement poétique touche le cœur même de l’existence, où se côtoient la présence et l’absence dans un incessant jeu de miroirs. Elle s’adresse avec tendresse ou ironie à Quevedo, Ulysse, Dylan Thomas ou Pavese, aux êtres chers, à elle-même et finalement à nous. Malgré l’immense solitude qui se dégage de ses poèmes, une force constante traverse toute sa poésie et nous atteint aujourd’hui par-delà les mers et le temps.