Tasha Rumley wurde 1982 geboren. Die Waadtländerin, die früher als Journalistin für L'Hebdo arbeitete, widmete sich als Delegierte des IKRK humanitären Missionen. Als ausgebildete Slawistin war sie vor allem in der ehemaligen UdSSR tätig, von den kirgisischen Gefängnissen bis zum Ausbruch des Donbass-Krieges. Tasha Rumley lebt heute im Land ihrer Vorfahren, in Sainte-Croix (VD). Tagsüber setzt sie ihre humanitäre Arbeit fort. Nachts widmet sie sich dem literarischen und essayistischen Schreiben. Sie ist unter anderem Preisträgerin des Prix d'écriture Atelier Studer/Ganz, des Bedag-Pressepreises 2010 und des journalistischen Nachwuchsprojekts Blogtrotters 2007.
Bibliographie
« – Je suis en train de perdre ma moustache.
Sa phrase me gifle à peine ai-je passé le seuil. L’Oncle promène ses doigts dans les poils sel plus que poivre au-dessus de ses lèvres ; il lui en reste entre l’index et le majeur, qu’il fixe incrédule puis disperse en bas du lit électrique. Je ravale mes larmes. On ne pleure pas face au malade. »
Héritière de ses confidences, la nièce de Franklin Thévenaz retrace les aventures de cet homme, parti d’une origine modeste vers l’éclatante carrière humanitaire. Né un 25 décembre, il fut chargé des ambitions dévorantes de sa mère orpheline et de son père bâtard, qui poussèrent leur enfant-Noël vers les grandes espérances. Son cheminement démarre dans le village mythique de Sainte-Croix à destination du « Québec Libre » des années 70, où immigrèrent les Suisses révolutionnaires en masse.
Ce récit lance un regard tendre et ironique sur une époque regorgeant d’opportunités pour qui savait les saisir, sur la mégalomanie d’un clan et les fissures qui lézardent les humains. L’autrice laisse le présent s’incruster dans le passé, faisant résonner les échos entre la vie de l’oncle énigmatique et la sienne. Les questions existentielles sont les mêmes et les époques s’entremêlent, jusqu’à faire rimer Montréal et Marioupol.
Favre