Nathalie Perrin

Nathalie Perrin wurde 1989 in Genf geboren. Im Jahr 2014 erwarb sie einen Master in Bildender Kunst an der ECAL (École cantonale d'art de Lausanne) und 2018 einen Abschluss in Museologie an der Universität Neuchâtel, wobei sie ihre Recherchen zu «La Muette» begann. Ihre künstlerische Arbeit konzentriert sich darauf, Gedankengänge und Ideen visuell darzustellen. Es handelt sich hauptsächlich um Zeichnungen auf Papier in Form von beschrifteten Plänen, zwischen literarischer Träumerei und klösterlicher Fleissarbeit. Nathalie Perrin zeichnet ausufernde Schemata, die es ihr ermöglichen, Zitate, Künstlernamen, Buch- und Filmtitel usw. aufznehmen und zu vernetzen. Ein Versuch, die Welt im Laufe ihrer Erinnerung und ihres Denkens zu ordnen und gleichzeitig die kreative Dynamik, die diese Bewegung mit sich bringt, wiederzugeben.

(art & fiction)

Bibliographie

Lausanne, art & fiction (ShushLarry), 2022.

« La Muette », la maison que Charles Ferdinand Ramuz achète en 1930 et où il décède en mai 1947. La veuve et la fille de l’écrivain, puis son petit-fils, l’occupent successivement jusqu’en 2011. C’est alors l’arrière-petite-fille de l’écrivain qui en hérite. Commence une bataille entre les héritiers, qui ont un projet immobilier de rénovation, et les défenseurs de la conservation intégrale de la maison pour en faire… une maison d’écrivain à disposition du public.
Qu’est-ce qui nous incite depuis des siècles à préserver les lieux de la littérature, et même à les sacraliser? Ils ne sont ni véritablement des musées, ni des bibliothèques, ni des bâtiments historiques, mais demeurent comme chargés de l’idée qu’ils sont un moyen pour amarrer un auteur à un lieu. Sinon pourquoi se bat-on pour ces écrivains «patrimoniaux», leurs bureaux, leurs plumes et leurs gourmettes de baptême? Quels motifs entraînent des milliers de visiteurs à s’engouffrer dans ces contresens inouïs: celui qu’est l’exposition de la littérature, étant donné qu’elle a vocation à circuler par la technologie du livre, et celui qu’est la visite d’une maison, qui n’est pas, par nature, construite pour recevoir un public? Que révèlent les querelles qui naissent autour de la patrimonialisation de ces lieux? Et plus encore, quelles raisons et quelles attentes poussent le public à défendre l’antre d’un homme disparu, qui écrivait sur du papier avec une plume non rechargeable?
Plus qu’un travail de recherche sur une maison d’écrivain, un vrai regard d’artiste contemporain sur le patrimoine vaudois.

(art & fiction)