Laurence Voïta a été professeure de français avant de se tourner avec succès vers l’écriture.
Elle est aussi dramaturge et ses pièces ont été adaptées pour la radio et la scène.
Bibliographie
Dans ce roman chemine une double trame narrative. Il y a d’une part l’histoire de Charles Garain, très jeune soldat joyeux et va-t-en-guerre, enthousiaste et sans peur dont on découvre avec saisissement, lors de sa toilette mortuaire, qu’il était une femme.
Il y a d’autre part le récit par l’auteure des coulisses du roman, de sa quête de ce Charles qui sans cesse lui échappe.
Et il y a surtout un mystère poignant: qui était vraiment cette toute jeune fille, originaire de Saint-Gingolph, qui a menti sur son identité pour pouvoir s’enrôler, à 16 ans, dans les troupes suisses engagées par le roi d’Espagne contre les Anglais à la fin du XVIIIe siècle. Qu’espérait-elle fuir ou vivre en se travestissant pour devenir soldat?
« Jamais enfant, dans ses montagnes natales, elle n’avait rêvé d’un destin pareil. Elle n’a personne à perdre. Pas même elle-même qui ne vit plus que sous l’identité d’un jeune homme qui n’existe pas. Mais elle ne retournera pas à la vie d’avant, c’est la seule chose qu’elle sait. Elle a dans son cœur quelques morts qui la portent. Mais leur souvenir s’estompe. Elle craint les conséquences qu’engendreraient la découverte de sa féminité. Elle continue donc à en faire plus que les autres. Pour que celle-ci ne soit pas même envisageable dans ce monde d’hommes où le courage et la ténacité sont des qualités qu’ils s’attribuent à eux, exclusivement. Elle que son hameau avait assignée à la médiocrité, la voilà condamnée à l’excellence. »